À Force Ouvrière, la seule politique que nous faisons, c’est la politique syndicale pour le progrès social.

La dissolution de l’Assemblée nationale, annoncée par le président de la République au soir d’une déroute aux élections européennes signe surtout un aveu d’échec. Aveu d’échec à contenir ou à apporter des réponses aux colères qui se sont exprimées dans les urnes.

Colère face à une inflation toujours élevée, au recul du pouvoir d’achat, à l’envolée des factures énergétiques. Colère face au recul des services publics, à la situation de l’hôpital public, au manque de moyens et d’effectifs dans les écoles. Colère face aux déserts médicaux, colère toujours vive face à une réforme des retraites rejetée par une immense majorité de la population et imposée sans véritable débat au Parlement, colère face au recul inédit des droits engagé par la réforme de l’Assurance chômage.

FO condamne toutes les guerres et économies de guerre. Notre revendication « Pain, Paix, Liberté » est plus que jamais d’actualité. FO appelle à un cessez le feu immédiat et permanent partout dans le monde.

Cette décision de dissoudre est aussi l’échec d’une politique qui s’entête dans une posture de va-t-en-guerre quand l’immense majorité des salariés attend des réponses sur les salaires et les conditions de travail. C’est encore l’échec d’une pratique du pouvoir vertical, qui méprise le Parlement, les interlocuteurs sociaux et la démocratie sociale.

Cette situation, aussi inédite et explosive soit- elle, ne doit pas nous conduire à dissoudre nos valeurs.

La position de la Confédération est claire : indépendants nous sommes, indépendants nous resterons ! C’est pourquoi la Confédération Force Ouvrière, comme elle l’a toujours fait, ne donnera aucune consigne de vote à l’occasion des élections législatives.

À Force Ouvrière, la seule politique que nous faisons, c’est la politique syndicale pour le progrès social. Nous continuerons donc de porter nos revendications quels que soient nos interlocuteurs.

I- AUGMENTER LES SALAIRES, LES PENSIONS, LES MINIMA SOCIAUX, CONDITIONNER LES AIDES PUBLIQUES AUX ENTREPRISES

Pour FO, seule l’augmentation des salaires est la réponse pérenne au maintien du pouvoir d’achat des salariés du public comme du privé.

Le gouvernement doit utiliser tous les leviers à sa disposition pour favoriser des augmentations de salaires, à commencer par une revalorisation significative du Smic. FO revendique le retour de l’échelle mobile des salaires de manière à augmenter les salaires en fonction de l’inflation.

Afin d’éviter le tassement des grilles conventionnelles, le gouvernement doit exiger des branches professionnelles qu’elles engagent une négociation sur l’ensemble des salaires et conditionner les allègements de cotisations à la mise en conformité des minima de branches au Smic.

FO revendique la mise sous condition des aides publiques aux entreprises : à la négociation des salaires, au maintien des emplois, à la relocalisation de la production et de la recherche et développement sur le territoire.

Concernant le secteur public, FO demande le dégel du point d’indice à minima à la hauteur de l’inflation.

FO revendique l’augmentation des pensions de retraites et des minimas sociaux. La pension minimum doit être équivalente au Smic pour toutes et tous, et sa revalorisation indexée sur le Smic.

II- REDONNER LA PLACE QUI EST LA SIENNE À LA NEGOCIATION COLLECTIVE

FO réaffirme son attachement à la liberté de négociation au niveau national interprofessionnel mais également à la négociation collective de branche, seul niveau permettant de garantir un socle minimum de droits pour tous les salariés d’un même secteur d’activité et permettant de lutter contre le dumping social.

La négociation interprofessionnelle doit s’appuyer sur une méthode de travail loyale et partagée, permettant la prise en compte des revendications. Un cadrage fixé unilatéralement par l’exécutif ne peut pas s’inscrire dans le cadre d’une négociation entre interlocuteurs sociaux comme le prévoit l’article L1 du code du travail.

FO revendique l’abrogation des dispositions des ordonnances travail, le rétablissement de la hiérarchie des normes et des moyens effectifs de représentation des salariés dont les CHSCT, la suppression du plafond de trois mandats consécutifs pour les élus du personnel, une représentation du personnel adaptée aux entreprises de moins de 11 salariés et la suppression du barème d’indemnisation des prud’hommes.

III- CONTRE L’AUSTERITE, POUR LA JUSTICE SOCIALE !

FO dénonce le retour des politiques d’austérité affichées sans complexe au détriment de l’école, de la santé, et de l’ensemble des services publics, partout sur le territoire. FO condamne la recherche permanente d’économies sur les dépenses sociales et les attaques multiples à l’encontre de notre modèle social.

FO réaffirme que le chemin vers le plein-emploi doit passer par des politiques économiques qui encouragent la réindustrialisation du pays, permettent une transition écologique socialement juste, garantissent des emplois pérennes et de qualité avec des salaires décents de l’entrée dans la vie active à la retraite.

FO revendique une vraie répartition des richesses notamment par une plus forte taxation des profits et une réforme fiscale redonnant toute sa place à l’impôt sur le revenu progressif pour plus de justice sociale.

IV- POUR UNE VERITABLE POLITIQUE DE L’EMPLOI

FO revendique une véritable politique de l’emploi, so- ciale et juste ! Les pénuries de main d’œuvre ne sont pas du fait des demandeurs d’emploi mais résultent du manque d’attractivité des métiers : pénibilité, conditions de travail difficiles, rémunérations trop basses, difficultés de mobilités géographiques et professionnelles, accès au logement...

Le CDI à temps plein doit être la norme qui régit les relations contractuelles entre les salariés et leur employeur dans le secteur privé.

La retraite étant le reflet de la carrière, la priorité est pour FO d’assurer des carrières complètes pour chacun.

Lutter contre les inégalités au travail, améliorer les conditions de travail, augmenter le taux d’emploi, notamment des jeunes et des seniors, permettrait d’améliorer le niveau des pensions tout en augmentant les recettes du régime.

FO demande l’ouverture d’une négociation nationale interprofessionnelle pour déterminer des mécanismes permettant de lutter contre le recours abusif aux contrats de travail à temps partiel. FO revendique l’obligation pour les employeurs de payer sur les contrats à temps partiel les cotisations en équivalent temps plein (notamment retraites).

Plus spécifiquement sur les seniors, FO demande de favoriser les embauches et sanctionner les licenciements, systématiser des entretiens de préparation de fin de carrière, encourager la formation continue, développer les dispositifs de retraite progressive qui permettent la transmission de l’expérience professionnelle, renforcer la négociation collective, en commençant par la branche.

Pour FO, la lutte contre l’usure professionnelle est un enjeu tout au long de la carrière. FO soutient des dis- positifs tels que l’entretien professionnel, la validation des acquis de l’expérience, la certification CléA, la formation tout au long de la vie, la possibilité de départ anticipé et un véritable droit à la reconversion.

V- ABROGATION DE LA REFORME DES RETRAITES

Force Ouvrière exige l’abrogation de la réforme des retraites reculant l’âge légal de départ en retraite à 64 ans et prévoyant l’allongement de la durée de cotisation. Cette réforme n’était pas nécessaire pour assurer la pérennité du financement des régimes de retraite.

D’autres solutions existent : prendre les choses par le bon bout, c’est-à-dire les questions d’emploi tout au long de la vie, les parcours professionnels, les reconversions, l’emploi des seniors et les retraites progressives.

FO demande le maintien de l’ensemble des régimes spéciaux de retraite. La spécificité de ces régimes est justifiée historiquement et socialement et fait partie du contrat social dans des secteurs qui rencontrent aujourd’hui de grandes difficultés pour recruter.

VI- RETRAIT DE LA REFORME DE L’ASSURANCE CHOMAGE

FO exige le retrait du projet de décret sur l’assurance chômage qui prévoit un nouveau durcissement des règles d’indemnisation des demandeurs d’emploi. Les réformes précédentes ont déjà fortement impacté le montant et la durée d’indemnisation.

FO condamne des mesures qui vont frapper durement les demandeurs d’emplois les plus précaires et vulnérables, afin de dégager des économies budgétaires sur le dos des demandeurs d’emplois.

FO revendique le retour à la convention du 14 avril 2017 qui sécurisait les parcours professionnels.

Sur la gouvernance, la gestion paritaire de l’Unedic a fait ses preuves, résistant aux différents chocs économiques et protégeant les plus faibles au plus fort des crises. FO revendique le retour à un paritarisme libre de toute tutelle ou encore lettre de cadrage gouvernementale qui ne laisse aucune marge de négociation.

VII- POUR LE RETABLISSEMENT PLEIN ET ENTIER DE LA SECURITE SOCIALE

FO rappelle son attachement indéfectible aux principes fondateurs de la Sécurité sociale fondés sur le paritarisme, la cotisation et le salaire différé.

FO défend un modèle social fondé sur l’égalité et la solidarité intergénérationnelle qui permet d’assurer l’universalité des bénéficiaires et garantir l’accessibilité aux soins de meilleure qualité. Seul ce modèle permet aux salariés et à leur famille d’être solidairement couverts contre les risques de toute nature, de bénéficier de prestations d’assurance et non d’assistance. Chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins !

FO s’oppose à l’étatisation de la protection sociale collective, qui conduirait à un système d’assistance publique a minima. La Sécurité sociale est à la croisée

VIII- POUR LE RENFORCEMENT DES SERVICES PUBLICS PARTOUT SUR LE TERRITOIRE

Pour FO, la défense du service public concerne tous les citoyens et leur droit à l’égalité de traitement, partout sur le territoire, quel que soit leur niveau social. Il n’y a pas de République sans service public !

FO demande de meilleurs moyens pour un meilleur service aux usagers, pour ce qui est essentiel à la vie d’un pays et de ses habitants : l’école, la culture, la santé, la protection sociale, l’aménagement du territoire, l’écologie, la sécurité, la justice, …

Le service public nécessite des moyens renforcés pour réduire les inégalités et mieux redistribuer les richesses.

C’est pourquoi FO revendique :

  l’arrêt des fermetures de services et un renforcement des services publics de proximité, auquel ne répond pas, loin s’en faut, le dispositif des maisons France Services ;
  une véritable politique d’investissements publics dans le domaine de l’énergie, du transport public et pour répondre aux nouveaux défis de transition écologique avec le maintien de tarifs sociaux ou la gratuité pour les plus défavorisés ;
  le recrutement de fonctionnaires titulaires afin de répondre aux besoins fondamentaux de la population sur tout le territoire et pour accompagner les publics les plus fragiles ;
  une réflexion approfondie et un réel débat sur les besoins en termes de missions publiques et quels services publics pour les mettre en œuvre. Cette réflexion pourrait se tenir dans le cadre du Conseil National des services publics, dont FO demande qu’il soit réactivé.

IX- CONTRE LE RACISME ET TOUTES LES DISCRIMINATIONS

FO condamne toute forme de racisme, de xénophobie, d’antisémitisme et de rejet de l’autre.

FO rappelle son opposition à la loi immigration qui remet en cause les principes républicains d’égalité et de solidarité.

FO continuera de s’opposer à toute mesure discriminatoire et stigmatisante qui porterait atteinte aux droits fondamentaux des travailleurs en remettant en cause le droit du sol, le regroupement familial et les conditions d’accès à la nationalité.

Profondément attachée aux principes républicains, Force Ouvrière s’est toujours opposée au principe de préférence ou de priorité nationale et à la discrimination entre les travailleurs, contraires à la solidarité qui fonde notre action syndicale.

Pour FO, toute disposition instaurant une forme d’inégalité ou de discrimination dans l’accès à la protection sociale ou aux prestations sociales est totalement inacceptable !

FO agira sans cesse pour la défense des libertés fondamentales et s’opposera à toutes les discriminations, quelles qu’elles soient, y compris celles envers les organisations syndicales

Lire la suite de Notre indépendance, ce sont nos revendications !

 

Il aura fallu que tombent les résultats du premier tour des élections législatives, le 30 juin, pour que le Premier ministre, Gabriel Attal, suspende enfin son projet de réforme de l’Assurance chômage. Cette dernière, combattue par l’ensemble des organisations syndicales, avait été qualifiée d’« économique, injuste et inacceptable », par le secrétaire général de FO, Frédéric Souillot.
Avec cette réforme, l’exécutif entendait  à la fois durcir les conditions d’accès à l’indemnisation et en réduire la durée à compter du 1er décembre 2024. L’objectif était de réaliser au moins 3,6 milliards d’euros d’économie par an, notamment sur le dos des seniors et des plus précaires.

Pour l’agrément de l’accord de novembre

Un décret a bien été publié le 1er juillet au Journal officiel, mais il vise uniquement à prolonger les  règles actuelles jusqu’au 31 juillet 2024, la précédente convention Unédic ayant expiré au 30 juin dernier. « Il reviendra au prochain gouvernement de fixer les règles d’indemnisation des  demandeurs d’emploi, au-delà du 31 juillet », explique la confédération FO dans un communiqué.
FO se félicite de ce coup d’arrêt porté à un projet de réforme qu’elle n’a eu de cesse de dénoncer. Après cette « première victoire », elle exige désormais que soit agréé l’accord d’Assurance chômage qui avait été négocié et signé par les interlocuteurs sociaux le 27 novembre 2023. Celui-ci permet, a contrario du projet gouvernemental, de « sécuriser les trajectoires professionnelles des  demandeurs d’emploi les plus précaires et d’atténuer les effets dramatiques des réformes successives engagées ces dernières années ». 3 juillet 2024

Lire la suite de Assurance chômage : la réforme dénoncée par FO enfin suspendue

Alors que nous étions unis en Intersyndicale pour défendre vos droits, ce qui n’était pas arrivé depuis très longtemps, subitement la CGT a rompu celle-ci, de façon inattendue et sans aucune explication. La CGT a préféré faire cavalier seul auprès de la Direction.

 

Par conséquent, la CFDT et FO ont continué ensemble à se battre pour obtenir une compensation réelle et substantielle, face au retrait des badgeuses.

 

C’est grâce à votre mobilisation pendant la grève du 5 février 2024 que la Direction a été forcée de nous donner une compensation.

 

Rappel des chiffres de grève : 

 

Employés : 36,57%
Cadres : 10,31%
Total général : 28,85%

 

Le Directeur Général l’a d’ailleurs reconnu de vive voix, lors de notre négociation du 4 mars 2024 :

 

Sans grévistes, la Direction n’aurait rien lâché.

 

Les propositions de la Direction :

 

- Un crédit de deux heures est attribué le premier jour ouvré précédent l’une des deux fêtes de fin d’année en fonction des éventuelles nécessités de service, soit 2 heures correspondantes à la plage fixe,les veilles de fêtes : Noël ou Jour de l’An.

 

-> La négociation continue: nous demandons à la Direction que cette mesure soit pérenne, à savoir TOUS les ans et que TOUT le personnel en bénéficie.

 

- Une heure prise en compte comme du temps de travail effectif pour participer annuellement à un temps de déjeuner organisé dans son unité, son service, son département ou sa direction.

 

-> La négociation continue: nous demandons le report de la plage fixe jusqu’à 15h45 et non 14h45 (soit l’attribution de deux heures), ce qui permettrait aux agents, s’ils le souhaitent, de ne pas revenir sur leur poste de travail après ce moment convivial.

 

- En 2024, un budget sera alloué à chaque unité, service, département ou direction : participation financière de la Direction de 10 € TTC par participant pour le déjeuner de service (sous forme d’enveloppe allouée au service).

 

-> La négociation continue: nous demandons un budget de manière pérenne avec la garantie du maintien du ticket restaurant.

 

- S’agissant de l’AG 2025 : la demie journée consacrée à AG, l’autre demie journée sera offerte.

 

-> La négociation continue: nous demandons que cette mesure soit pérenne.

 

Ainsi, l’ensemble de nos demandes permettrait d’obtenir une compensation suite au retrait des badgeuses. Ce qui est loin de nos revendications initiales.

 

C’est le minimum que la Direction puisse donner aux agents.

 

Nous, élus FO et CFDT, continuons à négocier en Intersyndicale avec la Direction.

 

 

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RPN CLASSIFICATION du 20 mars

 

Les premières propositions de l’Ucanss, les réponses de FO

 

La 4ème RPN portant sur la classification des Employés et Cadres a eu lieu le 20 mars. Elle a enfin vu l’Ucanss formuler de premières propositions concrètes et présenter en particulier un projet de nouvelle grille administrative (celle-ci concerne 87 % des Employés et cadres). L’Ucanss a présenté ces orientations en précisant qu’elle souhaitait maintenir l’existence des 4 grilles existant actuellement : grille administrative, établissements, informaticiens, ingénieurs conseils.

 

Le projet de l’employeur comporte tout d’abord la revalorisation des coefficients de base du niveau 1 au 9 actuels.

 

Pour FO, cette revalorisation est bien trop faible, il suffit pour s’en apercevoir de comparer les coefficients de base fixés par l’Ucanss aux coefficients de base « globaux » d’aujourd’hui (c’est-à-dire intégrant les points de garantie, le 1,65 % ou encore les mesures pour les bas niveaux prises en 2022).

 

Ainsi, les niveaux 1 et 2 sont respectivement augmentés de 11 et 14 points pour être portés à 233 et 237 points et se trouver au niveau du SMIC et un peu au-dessus. Cela signifie en réalité qu’ils repasseront très vite en dessous compte tenu des prochaines évolutions du salaire minimum…

 

Le caractère insuffisant de ce rebasage est criant pour les niveaux 3 et 4 qui représentent pourtant 55 % des agents : +5 points seulement pour ces deux niveaux qui seraient fixés respectivement à 243 et 257 points. Les coefficients de base des autres niveaux, du 5A au 9, se verraient quant à eux réévalués de 8 à 10 points.

 

Par ailleurs, cette revalorisation se ferait avec fongibilité des points de compétence, ce qui pour FO est parfaitement inacceptable. Cela reviendrait tout simplement à déposséder grand nombre de collègues dans l’opération en leur ôtant tout ou partie de leurs points de compétence. Pour FO, il est absolument indispensable de distinguer le coefficient de base des points de compétence et d’expérience qui doivent demeurer acquis.

 

Enfin, alors que cette revalorisation très imparfaite concernerait 29 à 30 % des agents pour 27 à 29 millions d’euros, FO rappelle qu’elle revendique une classification qui profite à tous immédiatement, et donc l’attribution d’un nombre de points minimum d'augmentation pour tous à la mise en place de la classification, quels que soient par ailleurs les effets de la réévaluation des coefficients.

 

L’employeur propose ensuite la création de deux niveaux supplémentaires : un chez les employés, placé entre les actuels niveaux 4 et 5A, un chez les cadres, placé entre le niveau 5B et le niveau 6.

 

La création de niveaux supplémentaires correspond à une revendication de FO pour permettre de donner des perspectives d’évolution de carrière, ouvrir des passages de niveaux y compris dans un même emploi. Encore faut-il pour que ces possibilités soient pleinement ouvertes qu’elles ne soient pas limitées par le carcan de la RMPP dont FO considère qu’il faut se défaire.

 

Par ailleurs, la façon dont procède l’Ucanss pour intégrer ces niveaux à son projet de grille induit un fort tassement. Ainsi, il n’y aurait que 9 points d’écart entre le coefficient de base du niveau 4 (257 points) et celui du niveau créé chez les employés (266 points) alors que 20 points séparent le niveau 4 du niveau 5A dans la classification actuelle. Chez les cadres, il y aurait 10 points d’écart seulement entre le niveau 5B et le niveau créé (300 points et 310 points) alors que la différence est aujourd’hui de 25 points entre le 5B et le 6.

 

Dans le projet de l’Ucanss, ce tassement s’observe d’ailleurs en réalité sur une bonne partie de la grille (exemple : plus que 14 points d’écart entre le niveau 3 et le niveau 4 au lieu de 25).

 

FO considère qu’il est nécessaire d’aérer la grille pour donner aux collègues des perspectives un tant soit peu intéressantes, tout en revalorisant davantage les coefficients sans fongibilité des points de compétence.

Sur la demande de FO, l’Ucanss a par ailleurs indiqué ne pas vouloir remettre en cause la règle des 105 % lors des passages de niveau.

 

L’Ucanss a ensuite présenté une méthode de repérage et de cotation des métiers

 

La liste établie par l’employeur comporte 11 métiers à repérer choisis en fonction des effectifs qu’ils représentent, de leur appartenance à plusieurs familles professionnelles et de leur homogénéité : cela va des Gestionnaires Conseil de Sécurité Sociale aux Managers stratégiques, en passant par les comptables ou encore les chargés d’intervention sociale...

 

FO est favorable au repérage des métiers mais la méthode de cotation que l’Ucanss cherche à imposer pose problème. Elle est en effet calquée sur celle employée lors de la précédente « négociation » classification et relève d’une véritable usine à gaz : 5 critères classants sont ainsi déterminés avec pour chacun d’entre eux un nombre de points à donner de 1 à 8, tout cela étant décidé par le seul employeur !

 

Pour FO, il est nécessaire que l’Ucanss prenne en compte les demandes des organisations syndicales pour le positionnement des métiers dans la grille et qu’il y ait au minimum une discussion sur les critères à mettre en place afin de dégager sur le sujet un accord commun, perspective que refuse pour l’heure l’employeur.

 

L’Ucanss avait prévu de terminer cette RPN par un échange sur la notion de cadre

 

Bien que celui-ci n’ait pas pu avoir lieu pleinement faute de temps, FO a pu rappeler sa revendication pour que les niveaux employés et les niveaux cadres soient clairement définis et distingués dans la nouvelle classification. Pour FO, un cadre est un cadre, et doit le rester, qu’il soit technique ou de management.

 

Les conclusions à tirer de cette RPN

 

Revaloriser les coefficients, créer des niveaux, repérer des métiers, ouvrir la discussion sur la notion de cadre : ce sont autant de perspectives défendues par Force Ouvrière et qui ont été abordées par l’employeur lors de cette RPN. Malgré tout, les orientations données par l’Ucanss sur ces sujets suscitent à cette étape de très importants désaccords.

 

L’Ucanss affirme que son projet n’est pas figé, que l’enveloppe de 160 millions d’euros n’est pas verrouillée (même si elle précise qu’elle ne doublera pas, ce dont on pouvait se douter…), bref qu’il est possible de négocier. Pour que cela ne soit pas une simple déclaration d’intention, l’employeur devra prendre en compte l’ensemble des revendications défendues par Force Ouvrière.

 

En tout état de cause, cette RPN aura permis d’aborder pour la première fois le vif du sujet. C’est d’autant plus important que si la première urgence est l’ouverture d’une négociation sur l’augmentation de la valeur du point, il existe également une nécessité impérieuse d’aboutir dans des délais raisonnables à une classification qui profite à tous.

 

Les agents de la Sécurité Sociale l’attendent, ils ont besoin de déroulements de carrière, de mesures automatiques et collectives.

 

La prochaine RPN sur la classification des Employés et Cadres aura lieu le 16 avril.

 

Paris, le 22 mars 2024

 

La comparaison de l’évolution de la rémunération des salariés titulaires de mandats doit être effectuée annuellement et non pas à l’issue des mandats.

La Confédération Force Ouvrière apporte tout son soutien à la mobilisation des agriculteurs contre les politiques agricoles nationales et européennes qui créent les conditions d’une concurrence déloyale.

FO rappelle que les salariés agricoles, et plus généralement l’ensemble des travailleurs, subissent de plein fouet à la fois l’inflation et la crise traversée par le monde agricole qui pèse sur la politique sociale du secteur. Les travailleurs agricoles ne vivent plus de leur travail, alors qu’ils nourrissent la population.

FO interviendra dans l’ensemble des instances et auprès des pouvoirs publics pour que le gouvernement trouve enfin une solution pérenne et équitable à cette crise. A l’image de l’exigence de souveraineté industrielle, la souveraineté alimentaire doit devenir un enjeu prioritaire pour la relance de la production en France.

FO revendique l’amélioration de la rémunération et des conditions de travail des salariés et des agriculteurs.

FO adresse ses condoléances à la famille et aux proches de l’éleveuse et de sa fille décédées sur un barrage routier en Ariège. FO agit et agira sans relâche pour la défense du droit constitutionnel de manifester. Mourir pour réclamer le droit à vivre dignement est intolérable.

 

Frédéric Souillot Secrétaire général de Force Ouvrière

Le 9 janvier s’est tenue une réunion de concertation sur le programme des futures négociations qui auront lieu entre l’Ucanss et les Organisations Syndicales pour la période 2024-2026.

Un sujet occupera particulièrement au moins les premiers mois de l’année 2024 : celui de la classification.

Une première réunion de négociations sur le sujet a été fixée : elle se tiendra le mercredi 17 janvier (champ Employés et Cadres) et le premier semestre de l’année sera donc très largement consacré à cette discussion.

Rappelons que celle-ci intervient alors qu’il a été confirmé que l’enveloppe consacrée au projet de la future classification des agents de la Sécurité Sociale s’élèverait à plus de 160 millions d’euros. Ceci représente plus du double de l’enveloppe affectée au précédent projet en 2019-2020, qui s’élevait à 80 millions d’euros. Pour FO, cette annonce est à mettre en relation avec les rapports de force qui ont été institués par les agents avec les organisations syndicales, dans les différentes grèves qui ont eu lieu au cours de la dernière période.

Elle donne par ailleurs pleinement raison à Force Ouvrière d’avoir mis en échec ce précédent projet par le biais de l’opposition faite avec la CGT sur l’accord qui avait été signé par la CFDT. En effet, trois ans après, l’enveloppe a plus que doublé alors qu’on nous expliquait qu’il ne pouvait être question de consacrer davantage de moyens à la classification !

Force Ouvrière est bien-sûr partisane d’aboutir à un accord et défendra dans cette négociation les orientations d’un projet de classification bénéficiant à tous les agents par la mise en place de mesures collectives et automatiques, en revendiquant en particulier :

  •  Un nombre de points minimum d'augmentation pour tous à la mise en place de la classification, quels que soient par ailleurs les effets de la revalorisation des coefficients.
  •  Le déplafonnement de l’ancienneté et son augmentation.
  •  L’évolution dans l’emploi sur plusieurs niveaux.
  •  Une garantie minimale d’évolution par l’attribution automatique de points de compétence.
  •  La reconnaissance des compétences et des diplômes du personnel. Par exemple, l’attribution du niveau 6 pour les Travailleurs Sociaux en reconnaissance de leur diplôme.
  •  L’attribution de 33 points pour tous les exclus du Ségur.
  •  La réévaluation des pas de compétence de 7 à 12 points pour les employés, de 12 à 15 points pour les 1er et 2ème niveaux de cadres et de 15 à 18 points pour les 3ème et 4ème niveaux de cadres.
  •  La revalorisation des Primes de Fonction (accueil téléphonique/visio-guichet, physique et itinérance) et leur élargissement à tous les métiers au contact du public.
  •  Aucun déclassement d’agent.
  •  Une répartition des points de compétences attribué dans chaque organisme chaque année sur 30% de l’effectif au lieu de 20% aujourd’hui pour chacune des deux catégories employés et cadres (30% étant la moyenne pratiquée selon l’Ucanss).
  •  L’attribution d'une mesure automatique de 10 points pour les agents qui n'auraient pas eu de pasde compétences pendant 5 ans ou une mesure automatique de 8 points pour les agents qui n'auraient pas eu de pas de compétences pendant 4 ans.

Pour FO, il ne peut être question que se reproduise le scénario de 2018/2020 où l’employeur a cherché à marche forcée à imposer un projet contraire aux intérêts du personnel. Il importe plus que jamais que les moyens définis dans le cadre de cette négociation ne constituent pas un carcan et qu’une véritable négociation soit menée prenant réellement en compte les revendications. C’est à cette condition que cette négociation pour une nouvelle classification pourra aboutir.

 

Paris, le 11 janvier 2024

Contact : F. NEAU – 01 48 01 91 35

 

Nous, agents des accueils physiques et téléphoniques de différentes CAF et CPAM d’Ile de France, nous sommes réunis le jeudi 11 janvier 2024 à l’initiative du syndicat FO.

Nous sommes attachés au service rendu à nos assurés et allocataires et ne supportons plus d’avoir à vous maltraiter.

La loi de financement 2024 adoptée à coup de 49-3 que FO condamne, va être mise en œuvre, aggravant encore plus les conditions de travail des employés et cadres de la Sécu et donc le service rendu aux assurés et allocataires.

Nous condamnons aussi la loi Immigration dont nous exigeons le retrait pur et simple car à la Sécu nous refusons de trier nos assurés et allocataires en fonction de leur couleur de peau ou leur nationalité !

Ce texte honteux s’attaque directement aux étrangers, cherche à diviser les travailleurs et à renforcer la précarité des plus fragiles. Avec la mesure qui conditionne désormais le versement des Allocations Familiales et des APL pour les allocataires étrangers à un délai de présence en France, il est aussi une offensive frontale contre la Sécurité Sociale et ses fondements.

Avec FO, nous revendiquons le recrutement de personnels dignement rémunérés, formés et le maintien et la réouverture des accueils aux assurés et allocataires…

Nous revendiquons la possibilité de pouvoir vous recevoir et solutionner vos situations.

Vous et nous subissons déjà les conséquences de ces fermetures. Fermetures afin de liquider la Sécurité Sociale, Notre Sécu.

Pour preuve, les appels téléphoniques sont déjà en parti traités par la province. Et tout est mis en œuvre par nos directeurs, appliquant les directives gouvernementales, afin de vous fermer définitivement l’accès au peu de centres qu’il reste. Mise en place de rendez-vous téléphoniques en lieu et place des rendez-vous physiques, retraits des bornes, arrêt des accueils aléatoires…

Or, nos accueils c’est ce qui nous unit à nos assurés et allocataires.

FO rappelle que les conditions de travail des employés et cadres des organismes de Sécurité Sociale et d’Allocations Familiales d’Ile de France sont intimement liées au sort de nos assurés et allocataires.

C’est le chaos qui est organisé dans nos organismes et nous n’acceptons pas ! Collègues, assurés et allocataires, faites-nous remonter votre expérience et vos revendications.

Les centres de Sécurité Sociale matérialisent le droit de propriété qu’ont les assurés et allocataires sur celleci grâce aux cotisations.

Imaginez, en 1945, alors que le pays était en ruine, il y avait un centre de Sécurité Sociale pour 5000 assurés ! Cela n’est plus possible aujourd’hui ?

FO revendique :

- Le maintien et la réouverture de tous les accueils physiques des organismes de Sécurité Sociale et d’allocations familiales dans le département (CAF, CPAM, CNAV, CRAMIF)

- L’arrêt des suppressions de postes et des embauches en CDI conventionnel de personnel en nombre suffisant avec des vraies formations

 

Paris, le 11 janvier 2024

 

Contact : Jean-Claude AYME mail : accueilsecuritesociale@gmail.com

 

Déclaration des élus FO

Lors de l’Assemblée Plénière du CSE du 21 décembre 2023

 

A la Sécurité Sociale, la « négociation » sur les salaires n’en porte que le nom, l’employeur restant enfermé dans le carcan budgétaire imposé par les Pouvoirs publics !

Alors même que la première RPN sur les salaires 2024 avait lieu ce mardi 19 décembre, des milliers d’agents de la Sécurité Sociale étaient en grève à l’appel des fédérations en défense de leurs revendications salariales. Ce n’est qu’au bout de multiples tergiversations et relances des organisations syndicales et d’1h30 de réunion, que la Directrice de l’UNCANSS a fini par annoncer qu’il n’existait « à ce stade aucune négociation possible sur l’augmentation de la valeur du point », compte tenu d’une RMPP définie à 1.50% pour 2024.

A ce sujet FO rappelle son opposition au principe même de la RMPP.

Au niveau national aucune organisation syndicale n’a apposé sa signature en 2023 car il n’existait aucune véritable négociation salariale mais uniquement une proposition inacceptable de l’UCANSS « à prendre ou à laisser » qui a abouti à une décision unilatérale de l’employeur.

Les mesures sont très loin du compte et sont très en deçà des attentes et besoins légitimes des salariés et en total décalage avec l’inflation et la vie au quotidien. Ce, alors même que le président de la République appelle à la négociation dans les branches professionnelles, et bien qu’il commence par appliquer cela à la Sécurité Sociale !

L’idée que les salariés de la Sécurité Sociale s’appauvrissent en travaillant est inacceptable !

Dans beaucoup de services de la CPAM 91, un malaise profond s’est installé avec une fuite d’effectif croissant, un turn-over profondément ancré dans le quotidien et un bilan social terriblement triste !

Les chiffres sont navrants et désolants pour un organisme tel que le nôtre et posent véritablement la question de la responsabilité sociale de l’employeur qui n’est pas du tout à la hauteur et reste totalement déconnecté de la réalité.

Il y un problème de fond, et malgré nos alertes rien ne bouge... tout continue à empirer au fil du temps, des années ! Pire, le mépris maintenant s’installe et s’inscrit dans la norme !

La preuve en est avec le retrait des badgeuses qui dégradent encore plus les conditions de travail des salariés et engendre un stress quotidien et permanent.

La preuve en est avec le maintien de la volonté de se débarrasser de nos centres de santé dentaire. Rappelons que nous nous sommes battus pour le maintien du CSD de Juvisy!

La preuve en est avec la mise en place du middle office qui ne fait que compliquer les conditions de travail d’un personnel déjà usé par les différentes injonctions de l’employeur !

La preuve en est avec le contrôle de l’absentéisme et la discrimination assumée contre des collègues malades du fait, entre autres, des conditions de travail dégradées.

Vous ne pouvez plus continuer à faire comme si tout allait bien et de toujours tout renvoyer sur la responsabilité des instances nationales.

La perte de sens et d’intérêt dans l’exercice de nos métiers devraient vous faire réagir... tout autant que les niveaux inacceptables des rémunérations pratiquées dans la branche maladie et plus globalement sur tous les métiers de la Sécurité sociale.

C’est pourquoi Les élus FO de la CPAM de l’Essonne revendiquent, en total soutien avec les revendications nationales :

- La compensation de la perte du pouvoir d’achat par une véritable augmentation significative de la valeur du point au 1er janvier 2023 qui a minima, tienne compte du niveau d’inflation,

- L’attribution d’enveloppes budgétaires permettant entre autres, la revalorisation des coefficients, la reconnaissance des compétences et le déroulement de carrière, connues en amont de l’ouverture des négociations portant sur les trois classifications des emplois et des rémunérations, Employés et Cadres, Praticiens Conseils et Agents de Direction,

- Que le régime des complémentaires de santé obligatoires se rééquilibre par une répartition de la cotisation 60% Employeur et 40% Salariés avec un budget complémentaire de 34 millions d’Euros soit 0,6% de la masse salariale.

Les élus FO de la CPAM de l’Essonne revendiquent aussi :

- Le maintien des badgeuses et le respect de l’article 16 du protocole HV

- Le maintien de nos centres de santé dentaire

- L’arrêt du middle office

- Des embauches en CDI afin de pouvoir assurer nos missions

- Une vraie politique de mobilité interne

- Plus de vacances de postes

- L’arrêt du contrôle de l’absentéisme

Les élus FO de la CPAM de l’Essonne refusent de subir le carcan imposé par le COMEX et les Caisses nationales.

Nous refusons d’être une simple chambre d’enregistrement et dans un contexte où vous ne nous apporterez pas de réponse, nous quittons la séance si nos revendications ne sont ni entendues ni satisfaites ! »

Après le mépris du 30 novembre avec le refus de la Première Ministre de recevoir les fédérations présentes pour défendre les revendications des agents sur les salaires, la RPN du 19 décembre était une véritable mascarade qui ne prévoit aucune augmentation de la valeur du point.

Un rassemblement de plusieurs centaines de militants, très encadrés par les forces de l'ordre, se tenait par ailleurs devant l'Uncanss.

Cela est tout simplement inacceptable et ne peut qu'amplifier la colère déjà forte des agents de la sécurité sociale.